Pourquoi s’Elever Pour accomplir Ses Désirs

D’après la tradition indienne (le Vedanta pour être précis), plus vous recherchez les choses, plus vous vous en éloignez. Plus vous êtes au-dessus du désir ou du besoin, plus l’objet du désir vient à vous.

Cependant, il y a toujours un prix à payer. La question du prix, nous la trouvons dans la Bible : « Qui veut garder sa vie la perdra. »

Cela implique que celui qui désirera quelque chose ne l’aura pas. En désirant nous voulons garder notre vie.

Celui qui nourrit ses désirs de manière majestueuse, avec indifférence et une attitude neutre verra ses désirs fructifier. Vous devez aussi être au-delà du besoin.

Aussi longtemps que vous désirez un objet, vous êtes en état de manque. Cet objet ne viendra pas à vous. Vous serez attiré vers l’objet, vous le rechercherez, mais il vous évitera toujours.

Et lorsque vous le quittez et lui tournez le dos, après avoir été découragé ou souffert de l’échec pendant quelque temps. Alors, au moment même où vous tournez le dos à l’objet de vos désirs, à ce moment même vous êtes au-dessus de l’objet.

Il en est de même lorsque vous aimez une personne. C’est en général lorsque vous la quittez et la perdez pour un sentiment plus élevé, que l’être désiré vient à vous.

Il y a en ce monde des gens pour qui tout réussit. Quel est le secret de leur succès ? Le secret est simplement que les désirs de ces personnes ne sont ni personnels, ni égoïstes. Leurs désirs sont exactement semblables aux paroles d’un roi qui se tient au-dessus de tous les besoins.

En réalité les désirs sont déjà satisfaits. Mais comment et pourquoi cette souffrance ? Pourquoi ce prix que nous devons payer pour cet accomplissement ?  Nous allons l’expliquer par une image.

Il y avait un homme qui écrivait une lettre à un ami dont il se languissait et qu’il désirait vivement voir. Il avait été séparé depuis longtemps de cet ami. La lettre qu’il écrivait était une lettre longue, longue, et il écrivait page après page. Il était si absorbé dans son écrit qu’il n’arrêta pas ni ne leva pas le regard une seule seconde. Il passa environ trois quarts d’heure sur la lettre sans jamais lever la tête. Lorsque la lettre fut terminée et signée, il leva la tête, et hop ! son ami bien-aimé se tenait devant lui. Il sauta sur ses jambes et, allant vers son ami, il l’embrassa en lui exprima son amour. Puis il protesta : « Es-tu ici ? » L’ami répondit : « Je suis là depuis plus d’une demi-heure. » L’homme dit alors : « Si tu es là depuis si longtemps, pourquoi ne me l’as-tu pas dit ? ». L’ami dit : « Tu étais si occupé, je ne voulais pas interrompre ton travail. » C’est ainsi, c’est ainsi.

Vos désirs sont assimilables à l’écriture d’une lettre. Celui auquel vous adressez votre lettre, l’objet que vous désirez, est, selon la Loi secrète du Karma, déjà devant vous. Mais pourquoi ne le ressentez-vous pas, ne le trouvez-vous pas devant vous ? Parce que vous désirez, vous écrivez la lettre. Voilà la raison. Au moment où vous cessez d’écrire, où vous abandonnez votre lettre, vous trouvez tous les objets désirés devant vous. C’est pourquoi il devient absolument nécessaire de payer le prix.

Il y a une histoire indienne sur le premier ministre d’un roi, qui passa par toutes les pratiques ascétiques nécessaires pour voir la déesse de la fortune en chair et en os devant lui. Bien, il pratiqua tous ces mantras, incantations et charmes. Il répéta un million de fois les mantras sacrés calculés pour qu’il réalise la présence de la déesse Lakshmi. Elle n’apparut pas. Trois millions de fois il subit toutes les pratiques ascétiques, pourtant la Déesse n’était pas visible.

Il perdit toute foi en ces choses et renonça à tout dans le monde, prit le sannyasa et devint moine. Au moment même où il embrassa le sannyasa, quitta le palais et se retira dans les forêts, il trouva la déesse devant lui. Il s’écria : « Va t-en, déesse, pourquoi es-tu ici maintenant ? Je ne veux plus de toi. Je suis moine. Qu’a à faire un moine du luxe, des richesses, de l’argent et des jouissances du monde ? Lorsque je te voulais, tu n’es pas venue; maintenant que je ne te désire pas, tu viens devant moi. » La Déesse répondit : « Tu te tenais toi-même sur le chemin. Aussi longtemps que tu désirais, tu affirmais la dualité, tu faisais de toi un mendiant et cette sorte d’être ne peut rien avoir. A l’instant où tu t’es élevé au-dessus des désirs et les a éperonnés, tu es devenu Dieu, et à Dieu appartient la gloire. » Tel est le  secret.

Source:http://pages.intnet.mu/ramsurat/Ramatirtha/Accomplissementdesirs.html

 

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